Immunopathologie de l’infection à VIH-1
L’immunopathologie du VIH-1 se caractérise par trois phases distinctes correspondant à i) la primo-infection (ou phase aigüe), ii) la phase chronique (ou asymptomatique) et iii) le stade SIDA (symptomatique).
Figure.Différentes phases de l’immunopathologie liée au VIH: L’infection primaire est généralement associée à des symptômes cliniques du syndrome rétroviral aigu. Après les premiers mois suivant l’infection, la virémie plasmatique se stabilise et le nombre de cellules T CD4+ se normalise. La phase chronique prolongée est cliniquement silencieuse, malgré la réplication virale permanente à des niveaux élevés. Le SIDA est caractérisé par la survenue d’infections opportunistes ou de tumeurs malignes associées au VIH-1. Le risque des maladies opportunistes augmente, de façon significative, lorsque le nombre des cellules T CD4+ tombe sous les 200 cellules/mm3. La diversité virale augmente en conformité avec le niveau toujours élevé de la réplication virale et de la nature d’erreurs de la transcription inverse.
a. La phase de primo-infection
Elle survient environ 2 à 8 semaines après la contamination. Cette phase reste symptomatique pour la majeure partie des cas (50-75%) avec l’apparition de fièvres, d’adénopathies, myalgies… Elle se caractérise par une importante réplication virale accompagnée d’une chute rapide et importante du nombre de lymphocytes T CD4+ malgré l’induction d’une réponse immune par le virus(Musey L et al., N Engl J Med, 1997). Il existe une corrélation directe entre le nombre de lymphocytes T CD4+ et la charge virale au cours de cette phase, et sont des indicateurs du pronostic de l’évolution de la maladie (Mellors JW et al., Science, 1996). Des réactions immunitaires de type sécrétion d’anticorps se mettent en place, définissant la séroconversion de l’individu et sont utilisées dans les tests de routine de dépistage par ELISA de la protéine de capside CAp24 et western-blot.
b. La phase chronique
En l’absence de traitement antirétroviral, la phase asymptomatique dure une dizaine d’années. La charge virale reste faible et le nombre de lymphocytes T CD4+ diminue lentement. Les cellules cibles du virus constituent une partie du réservoir viral : le virus reste latent dans ces cellules. Le virus se réplique essentiellement dans les lymphocytes T CD4+ du tractus digestif (Veazey RS et al., Science, 1998) et des tissus lymphoïdes (Pantaleo G et al., Nature, 1993). De fortes lésions cellulaires se font dans ces organes, entrainant le remplacement des tissus lésés par des fibres de collagènes. Les lymphocytes T mémoires CD4+ CCR5+ sont les premiers à disparaitre, suivi des autres lymphocytes T CD4+ lors du changement de tropisme du virus (Veazey RS et Lackner AA, J Exp Med, 2004). Lorsque les mécanismes de renouvellement des lymphocytes T CD4+ sont dépassés, on observe une recrudescence du titre viral plasmatique.
c. Le stade SIDA
La diminution systématique des lymphocytes T CD4+ conduit à l’incapacité du système immunitaire à lutter contre les maladies opportunistes, et conduit à une augmentation très importante de la virémie. Lorsque le taux de lymphocytes T CD4+ passe sous le seuil des 200 cellules/mm3, les premières maladies opportunistes apparaissent dont les plus communes sont les pneumonies à Pneumocystis carinii, le syndrome de Kaposi et la tuberculose. En l’absence de traitements appropriés, la personne décède du SIDA.
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